Penser le futur


Le projet Penser le futur à eu comme première étape un sondage mené auprès de 187 personnes sur la perception générale du futur et plus spécifiquement sur les notions de collectivité et sur l'appréhension de l'évolution de l'espace public, domestique et politique.

L’installation présente une sélection des résultats obtenus : Un journal contient les textes des performeurs et des statistiques sous forme graphique ; Un avatar, présent tout au long de l’exposition fait des affirmations génériques sur la perception du futur. Lors des performances, les performeurs (Mylène Bergeron et Arnaud Doiron) et l’avatar on un « semblant » de discussion. La femme incarne le côté optimiste et l’homme une partie des sondés les plus pessimistes. En manipulant les réponses, j'interroge les mécanismes de polarisation et de normativité qui agissent dans la fabrication de l'opinion publique.

Ce projet à été présenté en 2013 dans le cadre de l'exposition Et si les robots mangeaient des pommes? à la Maison des arts de Laval et en 2015 dans le cadre de l'exposition Polyphonies au centre d'artistes Optica à Montréal.



présenté à Optica, Montréal        photo: Paul Litherland


présenté à La Maison des arts de Laval


L’exposition Polyphonies réunit les œuvres de huit artistes (Anne-Marie Ouellet, Emmanuelle Léonard, Katarina Zjelar), incluant deux duos (Behkalam et Azin Feizabadi, Dave Ball et Oliver Walker), qui mettent en scène une pluralité de voix. Tantôt fondées sur des approches documentaires qui s’apparentent à l’exercice du terrain anthropologique (entrevue, questionnaire), tantôt axées sur l’invention de situations fictionnelles à l’intérieur desquelles on rejoue différentes formes d’archives, ces œuvres orchestrent la parole de façon à ce que les propositions des artistes créent un écart avec la réalité documentée. Elles s’approprient des manières de se raconter (au passé, au présent et au futur) pour problématiser les constructions identitaires et idéologiques qui prennent forme dans l’usage de la parole. 

Construites selon des structures polyphoniques ou utilisant la polyphonie comme méthode, les œuvres de l’exposition sondent la complexité des rapports entre individualité et collectivité. Chacune des œuvres met en place un espace discursif dans lequel la conviction intime, l’expérience individuelle et la croyance rencontrent les sphères sociale et institutionnelle. De la normativité à la dissension, de l’assujettissement à l’autodétermination et surtout dans la négociation constante entre ces extrêmes, l’ensemble des œuvres se rapporte à la constitution d’espaces publics et politiques ainsi qu’aux conditions de possibilités du vivre-ensemble. 

En accord avec la dimension polyphonique des œuvres, l’exposition propose d’envisager les œuvres comme autant de « voix » issues de contextes sociaux, politiques et historiques distincts, trouvant des échos les unes dans les autres et résonnant avec des préoccupations partagées à une échelle plus globale. En s’intéressant aux notions d’appartenance, de différence, de représentation, de normativité et de commun, elles problématisent les relations de pouvoir qui s’instaurent dans l’utilisation du langage et interrogent les processus par lesquels les constructions identitaires et idéologiques participent à l’articulation de la vie commune. 
Véronique Leblanc, commissaire.


PENSER LE FUTUR from Anne-Marie Ouellet on Vimeo.