DÉMARCHE



À mesure que nos sociétés déploient différents dispositifs de contrôle, de surveillance et de protection, nos environnements — autant publics que privés — finissent par influencer, guider et manipuler nos comportements de manière constante et par conséquent alimentent une paranoïa grandissante. Mon travail interroge les limites du contrôle, de la surveillance et de la protection et les frontières entre l’espace privé, l’espace public et l’espace politique. Je tente d’approcher différentes stratégies de leurres afin d’interroger la culture « régimentaire » et la place de l’individu à l’intérieur d’une réalité de plus en plus construite, programmée ou prescrite. C’est en renvoyant au spectateur des images qui lui révèlent ses conditionnements que j’aborde ces différents paramètres de la société de contrôle.

Ma pratique artistique est multidisciplinaire et se concentre principalement autour de la conception de prototypes d’abris et de vêtements en tant qu’objets utilitaires qui possèdent les spécificités d’être « déployables », compacts, portables et défensifs. Les prototypes d’abris sont des simulacres de protection qui accentue l’idée d’individualité et de protection en communauté. L’uniforme est à la fois un symbole d’identification, une protection — dans le sens où il représente une allégeance à un corps constitué (corporation) — et un outil de contrôle.

C’est par des objets qui se fondent aux produits manufacturés et leur mise en situation qu’apparaît l’idée d’intrusion dans le réel. Pour promouvoir ces prototypes et soutenir qu’ils appartiennent au monde de la consommation, ceux-ci peuvent être accompagnés d’une multitude de produits dérivés : guide d’utilisation, publicité, etc. C’est en m’introduisant furtivement dans la réalité (l’espace public) par l’entremise de mes prototypes, que je peux cohabiter ou résister à celle-ci. En occupant un espace public délimité et prédéterminé, l’espace occupé devient alors un espace de réflexion et de confrontation, jouant entre réalité et simulation.